Particulier et Villes

L’îlot de chaleur urbain ou pourquoi la canicule est plus prononcée en ville.

En ville, il fait plus chaud qu’à la campagne, particulièrement durant la nuit. Les différences peuvent être importantes, de 4 à 8 °C. Ce phénomène est connu par les chercheurs sous le nom d’îlot de chaleur urbain. Avec le changement climatique, il risque de s’aggraver. Tour de pistes des solutions disponibles au niveau des villes, sachant que ces dernières peuvent être concernées par d’autres enjeux, comme les inondations ou le risque submersion.

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Pourquoi fait-il plus chaud en ville qu’à la campagne ?

Le milieu urbain est généralement très artificialisé, en grande partie bétonné et asphalté. Cela signifie :

  • qu’il y a peu d’eau, qui en s’évaporant contribue à rafraîchir l’air ;

  • qu’il y a peu d’arbres derrière lesquels on peut disposer d’une ombre bienvenue en cas de chaleur ;

  • qu’il y a beaucoup de matériaux qui stocke la chaleur, comme l’asphalte de couleur sombre de nos routes et de nos parkings.

Parallèlement, l’homme, par ses activités, produit de la chaleur rejetée dans l’air. C’est le cas avec le pot d’échappement des voitures. C’est également le cas de la climatisation, largement utilisée en période de fortes chaleurs, et qui dans le même temps qu’elle refroidit des bâtiments, réchauffe l’air extérieur. La configuration des bâtiments peut également jouer un rôle, en atténuant la circulation de l’air (une place publique est généralement plus exposée aux vents rafraîchissant).

Parking de couleur sombre, sans arbres contribuant à en faire un endroit particulièrement chaud l’été © Bernard Suard,Terra
Parking de couleur sombre, sans arbres contribuant à en faire un endroit particulièrement chaud l’été © Bernard Suard,Terra

En quoi cela peut s’aggraver avec le changement climatique ?

Les scientifiques nous disent que les vagues de chaleur vont devenir plus intenses et plus fréquentes avec le réchauffement climatique. En clair : il va faire plus chaud l’été, et nous connaîtrons plus souvent des périodes de canicules, comme celles de l’année 2003

Pourquoi vouloir y remédier ?

En termes de santé publique : la canicule de 2003 est à l’origine de 15 000 décès supplémentaires par rapport à ce qui est observé normalement (source : Inserm/Invs/Insee) ;

En termes de confort : en période de forte chaleur, vivre dans des villes étouffantes nous fatigue plus  ;

En termes d’énergie : 1°C supplémentaire représente à l’échelle nationale un appel de puissance supplémentaire équivalent à celui de la ville de Nantes (sources : RTE/connaissance des énergies).

Quelles pistes de solutions ?

Au niveau de l’aménagement urbain, plusieurs pistes sont possibles afin de mieux rafraîchir les villes pour agir dans le sens d’aménagements plus adaptés :

  • utiliser et retenir l’eau en ville : certains dispositifs de gestion alternative des eaux pluviale (fossés humides, bassins de rétention, etc.) permettent de retenir l’eau au lieu de l’évacuer. Les bassins, les fontaines, et les jets d’eau créent également des micro-climats plus frais ;

  • opter pour des matériaux de couleur claire : ceux-ci réfléchissent le rayonnement solaire, au lieu de l’absorber, avec comme effet de moins stocker de la chaleur. L’utilisation de matériaux de couleur claire nécessite toutefois de considérer les possibles effets d’éblouissement associés ;

  • végétaliser les bâtiments et les espaces urbains : ce type de solutions recouvre une palette très large de dispositifs : plantations ponctuelles d’arbres, toitures et façades végétalisées, dalles végétalisées.

Un exemple d’action : l’ÉcoQuartier du parc Marianne, Montpellier

Situé à l’Est de l’agglomération montpelliéraine, l’ÉcoQuartier du parc Marianne est un site de 8 hectares, combinant bureaux, logements, équipements. Ses atouts en termes de rafraîchissement urbain sont nombreux :

  • un vaste parc central de 7 hectares ;

  • des cheminements arborés pour les piétons ;

  • des revêtements de couleurs clairs ;

  • des jets d’eau à l’entrée du parc, utilisables en cas de fortes chaleurs.

Le numérique au service des usagers  : le parcours fraîcheur de la ville de Lyon

La ville de Lyon offre à ses usagers la possibilité d’identifier des sites et des itinéraires de fraîcheur en période de fortes chaleurs. Cinq itinéraires fraîcheur et six cent sites (musées climatisées, parcs, jardins, ruelles ombragées, etc.) sont ainsi recensés via une cartographie interactive, disponible sous internet et consultable sur un smartphone.

Les initiatives de citoyens se multiplient un peu partout, et contribuent à rendre les villes plus vivables, face à un épisode de canicule. Pour en savoir plus : se reporter à la rubrique initiatives citoyennes.

Que dit le PNACC 2 ?

Le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES) soutiendra les projets visant :

  • la lutte contre les îlots de chaleur urbains et le renforcement du confort du bâti en s’appuyant sur des solutions urbanistiques, écologiques et architecturales innovantes, et des solutions techniques performantes ;
  • l’utilisation des solutions fondées sur la nature dans les situations où elles permettent d’améliorer la résilience des territoires et de protéger l’environnement, telles que la végétalisation des espaces urbains, la mise en place de techniques alternatives d’assainissement et l’intégration de la trame verte et bleue (en intégrant une réflexion sur la gestion et l’entretien de ces espaces).

Pour en savoir plus sur le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique

Ressources fondamentales