Le GIEC : s’adapter au changement du climat, une urgence absolue

L’invasion dramatique de l'Ukraine ne doit pas faire oublier une autre menace pour notre survie et notre bien-être, le réchauffement climatique. Dans leur nouveau rapport publié le 28 février dernier, les experts du GIEC insistent sur la nécessité de prendre des mesures pour s’adapter au monde à venir. Cela devient aussi urgent que de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Sélection de messages clés

Une décennie critique

Nous entrons dans une décennie critique. Vagues de chaleur, sécheresses, inondations.…D’ores et déjà, le changement climatique affecte la nature et les populations dans toutes les régions du monde, particulièrement les plus vulnérables.

Des risques climatiques qui s'aggravent

Les risques climatiques s’aggravent, plus vite que prévu, Après avoir analysé 34 000 études, les 270 scientifiques mobilisés dans le monde entier sont catégoriques. Avec un réchauffement estimé au minimum à 1,5 °C, les aléas climatiques sont inéluctables. Dès 2030-2040, les impacts risquent de s’intensifier, si nous ne réduisons pas assez nos émissions de gaz à effet de serre. Les territoires inhabitables se multiplieront.

Des conséquences en cascade

Le GIEC observe de plus en plus l’existence de conséquences en cascade (climatiques, économiques, sociales, politiques) et alerte sur la possibilité de crises endémiques généralisées, à l’image de ce qui se passe à Haïti.

S'adapter maintenant

C’est maintenant qu’il faut s’adapter. La fenêtre de tir pour s’adapter aux conséquences du changement climatique, provoqué par les activités humaines, se réduit. Mais elle n’est pas refermée. Tout retard dans l’action mondiale ferait perdre un temps précieux pour instaurer un avenir viable. Plus nous tardons, plus la gamme des solutions se réduit.

Un manque de préparation

Nous ne sommes pas suffisamment préparés. En dépit des efforts engagés pour s’adapter, les écarts se creusent avec les besoins. Il faut changer de braquet, avec des moyens renforcés : politiques, financiers…

Une adaptation en profondeur

Besoin d'une adaptation en profondeur : Face au changement climatique, la plupart des mesures d’adaptation engagées aujourd’hui sont des réactions à court terme, et/ou adaptées à un seul secteur, évalue le GIEC. Les petits pas sont nécessaires. Mais pour s’adapter efficacement, il faut transformer radicalement notre modèle de société, notre façon de vivre. Ce qui appelle à une intervention concertée entre tous pour agir : gouvernements, entreprises, société civile.

De la justice sociale, de la coopération et de la participation

Le document scientifique insiste sur la nécessité d’inclure la justice sociale et la coopération entre territoires dans nos réponses. D’autant que les plus touchés sont souvent les moins capables de se protéger. Nos solutions doivent être multi-sectorielles et construites avec la participation des populations, à tous les niveaux.

Mal-adaptation et fausses bonnes solutions

Gare à la mal-adaptation et aux fausses bonnes solutions. Certaines mesures peuvent se révéler contre-productives. Par exemple, construire des digues, pour protéger une région face à la montée des eaux, peut entraîner un développement non maîtrisé de la zone.

Tous interconnectés

Climat, nature, société humaine : tous interconnectés. Ce dernier rapport souligne à quel point le climat, la biodiversité et les populations humaines sont interdépendants. Nous avons besoin d’écosystèmes en bonne santé pour rester nous-mêmes en bonne santé.

Protéger la nature, en faire une solution pour s'adapter

Protéger la nature, en faire une solution pour s’adapter : Les experts soulignent l'importance de protéger la nature, menacée par les activités humaines. Les systèmes naturels aident à limiter le changement climatique et à s'adapter à ses effets. 30 à 50% minimum des terres, des cours d'eau et des océans devraient être protégés . Sans cela, ces écosystèmes pourraient au contraire jouer un rôle négatif. Les solutions fondées sur la nature sont à privilégier : végétaliser les villes pour lutter contre les îlots de chaleur, par exemple.

Lutter contre la cause du changement climatique

Autre volet tout aussi indispensable, la lutte contre la cause du changement climatique. Réduire nos émissions de gaz à effet de serre est aussi vital que de nous préparer à ce qui va advenir. S'adapter restera possible si le réchauffement est limité à 1,5°C (voire à 2°C). Chaque dixième de degré compte. Sans mesures urgentes pour limiter la hausse du thermomètre par rapport à l'ère préindustrielle, cela deviendra plus coûteux, limité, voire impossible.

L’équipe Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique