Caribcoast : suivi et atténuation de l'érosion côtière par les écosystèmes dans un contexte caribéen

PICTO SAFN

En quoi cette action contribue à l'adaptation au changement climatique ?

Les Antilles seront confrontées, dans les prochaines décennies, à une augmentation globale du niveau des mers ainsi qu’à une intensification de la puissance des cyclones.

S’inscrivant dans le cadre du projet interrégional CaribCoast, l’action s’appuie sur des solutions d’adaptation fondées sur la nature (SafN) pour réduire les risques côtiers engendrés par l’érosion et les cyclones ou tempêtes touchant les plages de deux sites pilotes en Guadeloupe : la plage d’Anse Maurice, face à l’océan atlantique et celle de Clugny, à la limite de la mer des Caraïbes.

Il s'agit d'évaluer la capacité des écosystèmes côtiers caribéens à diminuer l’érosion et les risques de submersion marine ; de protéger et améliorer le potentiel socio-économique de ces écosystèmes en gérant la fréquentation ; de rétablir l’équilibre écologique rompu par la fréquentation et restaurer la végétation des plages, de sensibiliser les publics et de préserver les espaces remarquables (site de ponte de tortues).

Description détaillée

Contexte et enjeux climatiques
La hausse préoccupante des risques littoraux aux Antilles fait de cette zone géographique l’une des plus vulnérables au changement climatique à l’échelle mondiale. Les îles de l’archipel, déjà sujettes au passage de violents cyclones qui provoquent érosion et submersion océanique, seront confrontées, dans les prochaines décennies, à une augmentation globale du niveau des mers ainsi qu’à une intensification de la puissance des cyclones. En outre, la topographie et la taille limitée des îles concentrent une grande partie de l’activité humaine et commerciale sur le littoral (commerce maritime, pêche et tourisme balnéaire).


Les choix d’aménagement pour la préservation du littoral et des activités humaines se portent souvent sur la construction d’ouvrages fixes aux nombreux effets indésirables (aggravation de l’érosion, baisse d’attractivité touristique). Pourtant, les écosystèmes sains apparaissent efficaces pour réduire les risques littoraux. Malheureusement, la perte ou la dégradation de ces environnements initiaux induit de facto la disparition de leur capacité de protection lors d’événements extrêmes. Afin de renforcer cette première ligne de défense côtière, il est possible d’investir pour la réduction des risques induits par le changement climatique en restaurant et en préservant les écosystèmes littoraux.


S’inscrivant dans le cadre du projet interrégional CaribCoast, l’action s’appuie sur des solutions d’adaptation fondées sur la nature (SafN) pour réduire les risques côtiers engendrés par l’érosion et les cyclones ou tempêtes touchant les plages de deux sites pilotes en Guadeloupe : la plage d’Anse Maurice, face à l’océan atlantique et celle de Clugny, à la limite de la mer des Caraïbes. Sélectionnées pour l’importance de l’érosion subie au cours des dernières décennies, ces plages boisées et leurs récifs, exposés aux houles cycloniques, représentent des situations littorales typiques des Antilles. Elles subissent également l’impact d’une forte fréquentation et ont été modifiées par l’homme, voire urbanisées.

L’action d’adaptation et les services écosystémiques visés
Les actions mises en place visent à réduire les impacts liés au changement climatique, à offrir des moyens d’adaptation pour les filières économiques et à préserver la biodiversité en s’appuyant sur une gestion adaptée des écosystèmes côtiers :

  • évaluer la capacité des écosystèmes côtiers caribéens à diminuer l’érosion et les risques de submersion marine ;
  • protéger et améliorer le potentiel socio-économique de ces écosystèmes en gérant la fréquentation ;
  • rétablir l’équilibre écologique rompu par la fréquentation et restaurer la végétation des plages, en implantant des enclos de régénération évitant les piétinements, sans entraver la fréquentation des plages : des écoles et des associations bénévoles ont installé plus de 400 plants de 30 espèces indigènes, sélectionnées pour leur capacité de prévention de l’érosion (le catalpa, le raisinier bord de mer, le bois couleuvre, etc.) ;
  • sensibiliser les publics via la diffusion de guides multilingues de gestion avec les connaissances recueillies, la création d’ateliers de sensibilisation à l’attention du grand public et des gestionnaires de sites dans toute la Caraïbe ;
  • préserver les espaces remarquables et notamment le site de ponte de tortues sur la plage de Clugny.

 

Facteurs de succès de l’action
Le projet mené sur les plages de l’Anse Maurice et de Clugny a bénéficié de facteurs économiques et politiques favorables :

  • un accompagnement politique fort tout au long du projet
  • un portage financier solide (Fonds Feder/Interreg)
  • une implication des parties prenantes et usagés (partenariats avec des associations et des écoles)
  • une expertise forte des structures membres du projet CaribCoast (ONF, BRGRM, CAR-SPAW)

Par ailleurs, le contexte sanitaire de la crise COVID a démontré les bénéfices d’une fréquentation contrôlée sur le retour de la végétation.


Suivi et évaluation de l’action
Le suivi des sites porte sur les aspects morphologiques, écosystémiques et hydrodynamiques des sites via :

  • un modèle numérique qui isole, quantifie les impacts sur les écosystèmes et permet des simulations à partir d’hypothèses ;
  • un suivi trimestriel de la végétation, qualitatif (par photographie des enclos) et quantitatif (suivi du taux de mortalité) ;
  • un ajustement permanent aux besoins des sites grâce à des organismes pérennes de gestion des sites ;
  • une adaptation sur le long terme aux constats futurs d’évolution de l’érosion grâce à des dispositifs simples et évolutifs comme le déplacement, la réduction, l’agrandissement ou le renforcement des enclos

Résultats clés obtenus et escomptés
Les actions réalisées visent à diminuer les phénomènes d’érosion et la destruction des boisements littoraux, en consolidant fortement la couverture herbacée et arborée. Sur la plage de Clugny, l’opération doit permettre de protéger la route nationale littorale, régulièrement submergée lors des fortes houles et menacée par l’érosion.


Sur le plan de la biodiversité, la mise en enclos a favorisé le développement d’une couverture herbacée dense, préservée du piétinement. Les plantations d’arbustes et d’arbres devraient ensuite couvrir cette strate et compléter la couverture arborée actuelle très appauvrie de ces deux plages. Par ailleurs, le projet a restauré et consolidé le rôle de ces plages en tant qu’habitat pour les tortues marines, en canalisant la fréquentation et en favorisant le retour de la végétation au sein d’enclos compatibles avec le passage des tortues.
Dans le cadre des parrainages établis avec les écoles, le site de la plage de Clugny va bénéficier d’un statut d’ « Aire éducative ». Ce label est donné à un petit territoire naturel géré de manière participative par les élèves d’une école ou d’un collège. Il garantit un suivi pédagogique des sites sans limite de temps.
Enfin, le projet CaribCoast est amené à se poursuivre sur d’autres plages plus urbanisées (Petit Havre). Le renforcement arboré prévu sur ces plages urbanisées permettra d’atténuer les impacts sur le bâti liés, notamment, aux vents cycloniques. Des co-bénéfices économiques plus forts sont également attendus sur ces sites où les activités commerciales sont davantage développées.

 

Caractéristiques

Type d'action
Projets locaux
Produire des données, modéliser
Modélisation
Réaliser et mettre en oeuvre
Sensibiliser, former, diffuser la connaissance
Thématique
Biodiversité
Mer et littoral
Risques naturels
Solutions d'adaptation fondées sur la nature
Tourisme
Impact
Evolutions climatiques
Tempêtes et cyclones
Impacts sur terre
Erosion et mouvement de terrain
Localisation de l'action
Guadeloupe, commune de Petit-Canal (Plage de l’Anse Maurice) & commune de Sainte-Rose (plage de Clugny)
Date de début
Date de fin

16.2490067, -61.5650444

Caribcoast : suivi et atténuation de l'érosion côtière par les écosystèmes dans un contexte caribéen

Guadeloupe, commune de Petit-Canal (Plage de l’Anse Maurice) & commune de Sainte-Rose (plage de Clugny)