Technicien de collectivité et santé

Santé : les territoires au coeur des politiques de prévention

Vagues de chaleur, précipitations intenses, cyclones, hausse du niveau des mers… Le changement climatique va intensifier et rendre plus fréquents des phénomènes qui ont des effets sur la santé humaine. En France, on parle de canicules, de catastrophes naturelles, d’allergies, de prolifération de moustiques vecteurs de virus.

Les modifications de l’environnement et des modes de vie sont également susceptibles d’entraîner de nouveaux risques liés aux expositions accrues aux rayons du soleil, à la contamination des eaux de baignade, à l’interaction entre pollution atmosphérique et températures (pics d’ozone), par exemple.

Si les pays les plus pauvres seront les plus touchés par les conséquences sanitaires du changement climatique, les pays développés comme la France sont également concernés et doivent s’y préparer. C’est l’objet de l’action P&R-2 du deuxième plan national d’adaptation au changement climatique dont l’une des priorités est la mise en place de solutions locales.

La chaleur et le froid : des effets nombreux sur la santé

L’influence de la température sur la mortalité et sur le recours au soin est établie par de très nombreuses études épidémiologiques. Ces études mettent en évidence un effet non-linéaire et très rapide de la chaleur sur la santé, concentré dans les quelques heures à quelques jours suivant l’exposition, et un effet du froid plus modéré, persistant sur plusieurs semaines après l’exposition.

La température a une influence sur la mortalité à partir de valeurs qui ne sont généralement pas considérées comme « froides » ou « chaudes ». La chaleur « modérée » frappe principalement des personnes vulnérables du fait de leur état de santé, de leur âge ou de leur exposition professionnelle. Ces températures « douces » contribuent davantage à la mortalité que les extrêmes, chauds ou froids, car elles cumulent un impact faible mais sur un nombre important de jours.

La chaleur très intense quant à elle pose un risque pour la quasi-totalité de la population. Des températures extrêmes peuvent ainsi se traduire par une surmortalité massive, concentrée sur quelques jours, et d’une ampleur inédite. Il est donc important de s’y préparer, en particulier lorsqu’elles persistent plusieurs jours, car elles requièrent une réponse particulière pour protéger les personnes et éviter l’engorgement du système de soin.

Des canicules plus fréquentes et précoces

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleurs en France est sans équivoque : les vagues de chaleur recensées depuis 1947 à l’échelle nationale ont été deux fois plus nombreuses au cours de trente-quatre dernières années que sur la période antérieure.

En outre-mer, la température pourrait augmenter de 3,5 °C d’ici la fin du siècle. En métropole, les projections climatiques montrent que, dès la période 2021-2050, les vagues de chaleur estivales deviendront plus fréquentes, plus longues et plus intenses, avec des évolutions plus marquées encore pour le quart Sud-Est de la France. D’ici la fin du siècle, pour le scénario tendanciel, un épisode de canicule tel que celui de l’été 2003 deviendrait courant, voire serait régulièrement dépassé, tant en intensité qu’en durée.

En plus de l’augmentation du nombre de canicules au fil des années, on constate également une modification de leur répartition géographique et calendaire. Ceci pose de nouveaux défis en matière de prévention. Par exemple, les vagues de chaleur précoces de juin 2015, 2017 et 2019 se sont caractérisées par un recours aux soins d’urgences plus important que d’ordinaire chez les enfants et les jeunes adultes, en lien avec des expositions possibles en milieux scolaires et professionnels.

Travail par fortes chaleurs

En période de canicule, l’ensemble des salariés travaillant ou se déplaçant à l’extérieur sont particulièrement concernés par les risques liés aux fortes chaleurs, de même que ceux travaillant dans des locaux non climatisés.

Travail par fortes chaleurs : que dit la réglementation ?

La loi ne fixe aucun seuil de température. Cependant, certaines dispositions du code du travail répondent au souci d’assurer des conditions de travail satisfaisantes :

• tout employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de ses établissements, en tenant compte des conditions climatiques (article L. 4121-1)

• il doit également mettre à la disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour la boisson (article L. 4225-2)

• dans les locaux fermés où le personnel est amené à séjourner, l’air doit être renouvelé de façon à éviter les élévations exagérées de température (article R. 4224-1)

• les postes de travail extérieurs doivent être aménagés de telle façon que les travailleurs soient protégés, dans la mesure du possible, contre les conditions atmosphériques (article R. 4225-1)

• sur les chantiers du BTP, les employeurs sont tenus de mettre à disposition des travailleurs au moins trois litres d’eau par jour et par travailleur (article R. 4534-143) ainsi qu’un local de repos adapté aux conditions climatiques ou aménager les chantiers de manière à permettre l’organisation de pauses dans des conditions de sécurité équivalentes (article R. 4534-142-1)

• la protection des travailleurs exposés à des conditions climatiques particulières doit être prise en considération dans le cadre de la démarche d’évaluation des risques et de l’élaboration du document unique d’évaluation des risques (DUER), et se traduire par un plan d’actions prévoyant les mesures correctives possibles (article R. 4121-1).

 

Un salarié qui :

• constaterait qu’aucune disposition n’a été prise,

• considérerait que les mesures mises en œuvre apparaissent possiblement insuffisantes au regard des conditions climatiques constatées,

• se verrait opposer un refus par l’employeur quant à ses demandes d’aménagement et, en premier lieu, s’agissant de la mise à disposition d’eau fraîche et de locaux suffisamment aérés, serait fondé à saisir les services d’inspection du travail. En fonction de la taille de l’établissement, le salarié dispose également de la possibilité de solliciter le CHSCT ou à défaut le délégué du personnel.

Un salarié peut exercer son droit de retrait s’il pense être en situation de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ou s’il constate un défaut dans les systèmes de protection (article L. 4131-1).

Les pics d'ozone

Les températures élevées, comme celles rencontrées lors des canicules, favorisent la formation d’ozone (« pic d’ozone ») qui est produit sous l’action de la lumière (ultraviolet) à partir de gaz précurseurs émis par des sources naturelles ou des activités humaines. Les concentrations élevées en ozone dans l’air s’observent surtout en cas de fort ensoleillement. Le vent joue un rôle important par déplacement des masses d’air ou, au contraire, par stagnation en temps calme.

Les effets de l’ozone sur la santé humaine sont liés à son pouvoir oxydant et inflammatoire. Le gaz pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines et favorise le passage d’autres allergènes ou polluants. Les effets les plus immédiats (irritation et inflammation des yeux, de la gorge, du nez et des bronches, toux) conduisent à une diminution de la fonction respiratoire, une augmentation de la susceptibilité aux infections et une fatigue cardiaque. Ces effets sont accentués par les exercices physiques.

Si toute la population est affectée, certaines personnes sont plus sensibles : enfants, personnes âgées, sujets asthmatiques, patients souffrant de pathologies chroniques. Lors d’une pollution à l’ozone, il est conseillé de fermer les fenêtres, d’éviter les efforts physiques et d’aérer les lieux de préférence le matin.

Limiter le réchauffement climatique aura peu d’impacts sur ces pics d’ozone. À long terme, le vrai défi consiste à améliorer la qualité de l’air en limitant les émissions des précurseurs de l’ozone comme les oxydes d’azote et les composés organiques volatiles.

Les territoires acteurs du Plan canicule

Les territoires jouent un rôle essentiel dans le cadre du Plan national canicule.

Aux termes de la loi n°2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et des articles R.121-2 à R.121-12 du Code de l’action sociale et des familles, le maire est en effet tenu d’instituer un registre nominatif des personnes âgées et des personnes handicapées de sa commune vivant à domicile qui en font la demande, dont la finalité est de permettre l’intervention ciblée des services sanitaires et sociaux auprès d’elles en cas de déclenchement du plan d’alerte et d’urgence.

Les modalités de ce recensement assignent au maire quatre missions : informer ses administrés de la mise en place du registre nominatif et de sa finalité, collecter les demandes d’inscription, assurer la conservation, la mise à jour et la confidentialité du registre nominatif et le communiquer au préfet à sa demande, en cas de déclenchement du plan d’alerte et d’urgence.

Un risque encore mal perçu

Malgré les mesures d’adaptation mises en place, on constate toujours un impact sanitaire des canicules, que ce soit sur les recours aux soins d’urgence ou sur la mortalité. La prévention est d’autant plus importante que, selon une enquête menée en 2015, si les gestes de prévention semblent bien connus, le coup de chaleur n’est pas un risque clairement identifié, et la perception de ses propres risques est faible, y compris chez les personnes de plus de 65 ans (seulement 4 % des plus âgés pensent avoir un risque important lors d’une canicule).
De même, parmi les mesures adoptées par les personnes âgées en cas de canicule, si le recours à la solidarité de proximité est fréquent, le recours aux services municipaux pour se signaler ou demander de l’aide reste une pratique marginale (seules 4 % des personnes âgées déclarent s’être inscrites sur le registre de leur ville). L’information des populations concernées de l’existence des registres communaux et de l’intérêt d’y figurer doit donc être renforcée.

Des mesures de fond à adopter

Le milieu urbain est particulièrement vulnérable aux vagues de chaleur en raison de l’effet d’ « îlot de chaleur urbain » qui se traduit par une température globalement plus élevée que dans la campagne environnante. Au-delà des mesures d’urgence en période de canicule, des mesures de fond pour réduire ce phénomène (urbanisme, végétalisation, isolation des bâtiments, etc.) peuvent être mises en place et inscrites dans le Plan local d’urbanisme et le Schéma de cohérence territoriale.

Ilot de chaleur

Le grand froid, à ne pas oublier

Le « grand froid » est un épisode de temps froid caractérisé par sa persistance, son intensité et son étendue géographique. L’épisode dure au moins deux jours. Les températures atteignent alors des valeurs nettement inférieures aux normales saisonnières de la région concernée. On dispose de peu de données sur l’impact des vagues de froid, ces événements étant beaucoup plus rares et ne faisant pas l’objet de bilans systématiques comme les vagues de chaleur. Si les vagues de grand froid devraient être moins fréquentes en France, elles n’en disparaîtront pas pour autant. Les collectivités locales ont des moyens d’agir, notamment en cas de déclenchement du Plan grand froid.

 

En savoir plus

Catastrophes naturelles : des conséquences sanitaires et psychologiques directes et indirectes

Le territoire de la France est exposé à de multiples aléas, ou événements naturels, potentiellement dangereux. Parmi les principaux, les inondations et submersions marines, les mouvements de terrain, les avalanches, les feux de forêt et les cyclones dépendent des conditions climatiques.

Si les évolutions attendues pour les pluies extrêmes sont variables géographiquement, une tendance générale se dessine, avec une augmentation de la quantité de pluies tombant au cours des épisodes les plus extrêmes principalement en hiver, avec, de plus, une extension des zones impactées au-delà des régions habituellement touchées, notamment vers le Sud-Est ou les Pyrénées.

Arbre abattu par la tempête / Crédit : Laurent Mignaux - Terra
Arbre abattu par la tempête / Crédit : Laurent Mignaux - Terra

 

Les effets du changement climatique sur les incendies de forêt sont également établis : les zones exposées devraient s’étendre en France métropolitaine vers le Nord-Ouest, en particulier dans les Pays-de-la-Loire, le Centre-Val-de-Loire et la Bretagne, couvrant une part importante de la forêt des Landes à l’horizon 2040 et les forêts de Sologne à l’horizon 2060. Dans les zones déjà exposées, les incendies pourraient s’étendre à la moyenne montagne. Il est probable que la saison des incendies de forêts dans l’année s’allongera, passant d’environ trois mois actuellement à six mois dans un avenir proche. Les incendies devraient donc être plus intenses et plus rapides compte tenu des sécheresses accrues.

Les études actuelles ne permettent pas de mettre en évidence une tendance future sur l’évolution des tempêtes. En outre-mer en revanche, les simulations indiquent que les cyclones ne devraient pas être plus nombreux mais plus intenses.

Des conséquences qui durent dans le temps

Lors d’une catastrophe naturelle, trois grandes phase de danger pour la santé sont observées : une phase de danger immédiat, une phase de danger à moyen terme et une phase de danger à plus long terme.

À court terme, les effets sur la santé des catastrophes naturelles peuvent résulter directement de l’événement (destruction, noyade, accident, etc.) et de ses conséquences matérielles (augmentation de traumatismes liés aux opérations de déblaiement, intoxications au monoxyde de carbone par l’usage inapproprié de groupes électrogènes, risque de maladies par contamination microbiologique des captages d’eau potable par les eaux d’inondation, etc.). Le vécu d’une catastrophe peut aussi provoquer un traumatisme psychologique (stress aigu, anxiété, insomnie, etc.). Enfin, la perturbation des services de santé suite à la catastrophe peut en diminuer la disponibilité et l’accès.

Les impacts sanitaires des catastrophes naturelles peuvent également perdurer plusieurs années après l’événement. Les impacts sanitaires observés sur le moyen et long termes résultent de l’exposition des victimes à des agents chimiques dangereux, immédiatement ou de façon chronique par une contamination durable de l’environnement (eau, aliments, sol). Un impact différé peut résulter du traumatisme psychologique résultant de la violence de l’exposition à l’événement et des pertes associées (matérielles, économiques, affectives) : troubles anxieux, troubles dépressifs plus fréquents, augmentation de l’usage de produits psychoactifs (médicaments, tabac, alcools, drogues).

 

Catastrophes naturelles : le rôle déterminant des collectivités locales

Les territoires ont un rôle déterminant et croissant dans la prévention et la gestion des crises liées aux risques naturels :

  • Le maire est chargé de la connaissance et de la diffusion de l’information sur les risques auprès de la population. Il doit veiller à communiquer régulièrement sur les risques sur son territoire et il est chargé de l’alerte et de l’organisation des secours en cas de crise. Il dispose à cet effet d’outils stratégiques et réglementaires tels que le dossier d’information communal sur les risques majeurs, le plan communal de sauvegarde et le plan local d’urbanisme.
  • Les intercommunalités constituent des acteurs de premier plan, en particulier en matière d’aménagement du territoire et de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations.
  • Les conseils départementaux et régionaux sont aussi impliqués dans la prévention des risques. Le conseil départemental, par exemple, définit les politiques d’investissement et finance le fonctionnement des différents services départementaux spécialisés.

La gravité du risque est fonction de la vulnérabilité et des enjeux : un des moyens essentiels de la prévention est l’adoption de comportements adaptés aux menaces. Afin d’améliorer la culture du risque, le ministère chargé de l’environnement met en place des campagnes de communication sur les aléas les plus dangereux pour la vie humaine comme les pluies intenses et les feux de forêt. La campagne de prévention des pluies dites « cévenoles » a ainsi été mise en place après les événements dramatiques de 2015 et reconduite trois fois de 2016 à 2018.

Elle met l’accent sur les comportements qui sauvent, face à un risque croissant, et pour lequel les prévisions précises resteront difficiles et les mesures structurelles de réduction du risque limitées. Une autre campagne de prévention, mise en place en 2018, sensibilise au risque « incendie » dans les départements du Sud de la France.

Les allergènes se multiplient

Le nombre d’allergies a triplé en vingt ans en France et touche près de 20 % des adolescents et plus de 30 % des adultes. L’allergie est causée par des particules appelées allergènes qui se trouvent à l’intérieur des grains de pollen. L’allergie au pollen se manifeste par des rhinites et conjonctivites, parfois avec toux et respiration sifflante, des eczémas ou des urticaires. La forme la plus sévère est la crise d’asthme. Il en résulte une diminution de la qualité de vie comme de la performance, à l’école ou au travail. Le changement climatique, notamment l’augmentation de la température et de l’humidité de l’air, favorise la production de pollen par les plantes :

  • modification des dates de floraisons et de pollinisations, surtout pour les espèces qui pollinisent à la fin de l’hiver et au début du printemps comme le cyprès, le frêne, le bouleau…,
  • allongement de la durée de la saison pollinique,
  • extension de la zone géographique de développement avec des plantes qui résistent à des endroits où elles ne pouvaient évoluer auparavant.

Les conditions plus chaudes peuvent aussi entraîner une croissance plus rapide et plus vaste des végétaux, elle-même favorisée par l’abondance du CO2 émis par les activités humaines. Les sécheresses peuvent par ailleurs produire des poussières contenant des pollens et des spores. Les orages pourraient également exacerber les crises d’asthmes liées aux allergies au pollen, en provoquant la fragmentation des grains de pollen et en libérant des allergènes dans l’air.

Allergies : végétaliser avec précaution

La conception des plantations urbaines est un élément central de la problématique de l’allergie pollinique en ville. Avant de végétaliser un espace urbain, la question des allergies aux pollens doit donc être anticipée. Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), association loi de 1901 dont l’objet principal est l’étude du contenu de l’air en pollens et en moisissures, met à disposition un guide d’information sur la végétation en ville sur la base du potentiel allergisant des principales espèces utilisées.

 

L’ambroisie conquière l’Europe

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante originaire d’Amérique du Nord qui a déjà colonisé la Bourgogne et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Son pollen est très allergisant et provoque rhinites, conjonctivites, trachéites, voire crises d’asthme sévères. C’est une plante très coriace qu’il faut arracher pied à pied en se protégeant avec du matériel adapté : gants, lunettes et masques lors de la floraison.

Selon une étude récente, la concentration dans l’air du pollen d’ambroisie pourrait quadrupler en Europe à l’horizon 2050. Le changement climatique serait responsable des deux tiers de cette augmentation. Les activités humaines favorisant la colonisation de la plante sont aussi en cause.

 

Des mesures obligatoires

Lorsque la présence d’ambroisies est constatée ou susceptible d’être constatée dans un département, le préfet de département détermine par arrêté les modalités d’application des mesures qui sont de nature à prévenir l’apparition de ces espèces ou à lutter contre leur prolifération (article R. 1338-4 du Code de la santé publique). En tant que propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire de terrains bâtis et non bâtis, ayant droit ou occupant à quelque titre que ce soit, les collectivités locales sont tenues de mettre en œuvre les mesures déterminées par arrêté préfectoral sur les zones qui relèvent de leurs compétences comme les chantiers, les bords de routes et les espaces verts (articles R. 1338-5 et R. 1338-6). La végétalisation est préconisée dans les zones les plus infestées. Des mélanges spécifiques permettent de végétaliser rapidement des zones en attente d’aménagement définitif (voies de communication, zones pavillonnaires, terrains en friche, chantiers de travaux publics).

Le Centre national de la fonction publique territoriale propose des formations dédiées aux référents ambroisie et à la mise en place de plans d’actions.

 

L'observatoire des ambroisies

réé en 2011, l’observatoire des ambroisies est le centre de ressources national sur les espèces d’ambroisies. Il met à votre disposition des brochures informatives pour vous aider à identifier l’ambroisie et les actions efficaces pour un meilleur contrôle de leur développement et une réduction de leurs impacts sur la santé et les milieux naturels. Le Réseau français des villes santé de l’Organisation mondiale de la santé a également produit une brochure sur le sujet.

Ambroisie.info

 

Documents de référence

Attention aux chenilles processionnaires du pin

Ces chenilles vivent en groupe dans des nids accrochés aux arbres, formant des processions lorsqu’elles se déplacent après leur éclosion. Elles possèdent des poils urticants et peuvent être à l’origine de démangeaisons, conjonctivite, maux de gorge… de novembre à mars. Elles peuvent provoquer des nécroses de la langue et des lésions oculaires aux animaux qui les ingurgitent.

Leurs poils urticants peuvent se détacher très facilement sous l’effet du vent ou lors d’un contact et peuvent être transportés sur de longues distances, s’accrochant facilement à la peau et aux muqueuses. La survenue d’effets n’implique donc pas forcément d’avoir été en contact direct avec les chenilles. Ces propriétés urticantes persistent même après la disparition de la chenille.

Pour survivre, la chenille processionnaire du pin a besoin de températures relativement douces. Alors que cette contrainte forçait l’insecte à stationner au sud de la Loire dans les années 1970, le réchauffement climatique a progressivement permis une expansion continue en altitude et vers le nord au rythme moyen de 2.7 km/an entre 1972 et 2009, avec une notable accélération à 4 km/an durant les 10 dernières années. L’insecte a ainsi progressé de 100 km vers Paris.

Eradication des chenilles processionnaires du pin

L’éradication des chenilles processionnaires sur l’ensemble du territoire n’est pas envisageable. Il convient toutefois de les éradiquer près de sites sensibles tels que les écoles, centres de loisirs, les parcs publics, les campings, les établissements médico-sociaux… Dans ces situations particulières, la prise en charge des traitements est du ressort des collectivités territoriales.

De fin mars à début mai, suivant les conditions climatiques, les chenilles processionnaires du pin descendent des arbres. Les processions peuvent parfois atteindre plusieurs dizaines de mètres. Pour réduire les populations de ces chenilles urticantes, on peut installer des pièges qui se fixent sur le tronc de l’arbre : les chenilles en descendant par le tronc empruntent une issue à sens unique qui les piège dans un sac rempli de terre dans lequel elles s’enterrent, croyant être au sol. Le sac doit ensuite être détruit.

À partir de juillet, les chenilles processionnaires du chêne se transforment en papillons. C’est le moment de poser des pièges pour capturer les mâles adultes. Les pièges sont des pièges dits « à entonnoir », ils se suspendent sur une grosse branche à 2-3 mètres de hauteur. Il convient de vider les pièges tous les quinze jours et de changer la capsule renfermant la phéromone tous les deux mois.

L’utilisation sur les chenilles en processions de bombes insecticides destinées à tuer les mouches ou les moustiques est à exclure. En effet, les chenilles, mêmes mortes, restent urticantes et les oiseaux qui se nourrissent de ces larves ingèrent le produit insecticide en même temps que leur proie.

Si vous souhaitez vous débarrassez des chenilles lorsqu’elles sont encore dans leur nid, faites appel à un professionnel formé et équipé.

Les moustiques

Maladies transmises par les moustiques : vers une expansion et une modification de leur répartition géographique

 

Dans un contexte de changement climatique et de mondialisation des échanges, les maladies vectorielles, transmises principalement par les moustiques, ont tendance à apparaître dans des secteurs géographiques épargnés jusqu’alors, ou, comme le paludisme, à réapparaître dans des secteurs où elles avaient disparu.

 

 

Une maladie vectorielle est transmise par un vecteur se nourrissant de sang, tel le moustique. En piquant une personne ou un animal infecté, il ingère les parasites, virus ou bactéries contenus dans le sang. Après un délai d’incubation de quelques jours, l’insecte contaminé peut transmettre l’agent pathogène à une personne saine à l’occasion d’une autre piqûre.

Les principales maladies vectorielles transmises par les moustiques sont le chikungunya, la dengue, le virus zika, la fièvre du Nil occidental, la fièvre jaune et le paludisme. En 2018, en France métropolitaine, 189 cas importés de dengue et 6 cas importés de chikungunya ont été déclarés. 8 cas autochtones de dengue ont été déclarés. À ce jour, il n’y a plus de transmission locale du paludisme en France, excepté à Mayotte et en Guyane.

Des vecteurs qui voyagent

Chaque année, des voyageurs infectés revenant de zones où sévissent ces maladies (Océan Indien, Antilles, Guyane et Asie du Sud-est en particulier) les « introduisent » en métropole. Dans le même temps, les conditions climatiques (températures élevées et fortes précipitations notamment) deviennent propices à l’apparition et la propagation de ces maladies, par exemple en favorisant la reproduction des vecteurs.

C’est le cas du moustique Aedes albopictus (communément appelé « moustique tigre ») qui peut véhiculer des virus comme ceux du chikungunya, de la dengue et du zika. Il est notamment présent dans les départements français de l’Océan indien où il a provoqué une très importante épidémie de chikungunya en 2006. Sa première installation en métropole a été constatée en 2004. Fin 2018, le moustique tigre était implanté durablement dans 51 départements de métropole. Dans les départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique, Guyane), le moustique Aedes aegypti est le vecteur à l’origine des principales épidémies de dengue, de fièvre jaune, de chikungunya et, depuis fin 2015, de zika. Enfin, d’autres espèces de moustiques autochtones peuvent être vectrices du virus de la fièvre du Nil occidental, ou de parasites responsables du paludisme. L’Anophèle était le vecteur du paludisme en France Métropolitaine et en Corse.

Lutter contre les moustiques vecteurs de maladies

La lutte contre les moustiques potentiellement vecteurs de ces maladies et leurs larves constitue l’un des principaux moyens d’éviter la transmission des virus. Dans les départements colonisés par le moustique vecteur, les zones de lutte contre les moustiques ainsi que les actions à mener sont définies chaque année par un arrêté préfectoral.

En matière de prévention collective, la suppression des gîtes larvaires à l’intérieur et autour des bâtiments (les zones d’eau stagnante comme les dessous de pots de fleurs, les déchets, les gouttières, etc.) est le moyen le plus efficace pour diminuer la densité de moustiques. Afin d’éviter les piqûres, il existe également des moyens de protection individuels, comme le port de vêtements longs et amples, l’utilisation de répulsifs, l’installation de moustiquaires…

Vous pensez avoir observé un moustique tigre dans votre territoire ? Vous pouvez le signaler et contribuer ainsi à la surveillance de son implantation en métropole via le portail dédié, ou l’application mobile : IMoustique.

Signaler la présence d'un moustique tigre

Document de référence

Que dit le PNACC 2 ?

Les risques sanitaires liés au changement climatique, tant pour la population générale que pour les travailleurs, déjà identifiés ou émergents, doivent faire l’objet de points réguliers s’agissant des connaissances visant à qualifier et si possible quantifier les effets actuels et futurs du changement climatique à l’échelle nationale voire régionale et de politiques pertinentes maximisant les co-bénéfices avec les politiques des autres secteurs.

Le service sanitaire des étudiants en santé, qui a débuté à la rentrée 2018, pourra contribuer à la diffusion et à la mise en oeuvre des messages de prévention auprès de différents publics (public scolaire, structure d’accueil de personnes âgées, services sociaux).

En termes de production de données de surveillance sanitaire, il s’agira d’articuler la production des données et les connaissances de surveillance environnementale climatique et les connaissances épidémiologiques sanitaires pour construire des indicateurs validés et proposer une offre de services utiles pour l’action notamment pour le niveau régional (par exemple, en identifiant les facteurs de risques et en documentant les impacts sanitaires actuels et futurs) et contribuer au développement de services climatiques pertinents pour la protection de la santé. Les moyens de surveillance et d’alerte épidémiologiques et sanitaires des populations (travailleurs inclus) seront consolidés. La vigilance relative à la sécurité transfusionnelle au regard des risques émergents sera adaptée.

Pour en savoir plus sur le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique

Le plan national santé environnement (PNSE3)

Il s’articule autour de 4 grandes catégories d’enjeux :

  • des enjeux de santé prioritaires ;
  • des enjeux de connaissance des expositions et de leurs effets ;
  • des enjeux pour la recherche en santé environnement ;
  • des enjeux pour les actions territoriales, l’information, la communication, et la formation.

Pour en savoir plus sur le PNSE3

Des exemples d’actions

Des ressources incontournables

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